Ca y est j'suis propre, j'tiens sur mes jambes et j'arrive à communiquer avec mon entourage sans qu'il ne m'dévisage. 2 ans et demi d'vie à mon actif, j'fais mon entrée à la maternelle. J'colorie durant toute la journée fabrique des colliers d'pâtes à la Maman, joue avec des roues en caoutchou à la récré, rentre dans l'rang lorsque la cloche retentit. Mais j'suis p'tite et j'ai la mémoire qui flanche. Seules les photos d'classe témoignent de cette époque bien vite oubliée. Quelques années plus tard, toujours avec la frange qui occupe une partie d'mon visage, j'rentre dans la cour des grands. Les parents investissent dans un cartable so fashion et des pompes dont on taira la marque, pour le bien de tous. Sabrina et Marie, la colle Cléopâtre, les cassiers sous les tables en bois, les cahiers d'écriture, les ardoises, les tables de multiplication, les kermesses, les coopératives scolaires. A l'école, on apprend auprès d'nouveaux copains. Des amitiés naissent et les premières tensions apparaissent. Des groupes se forment.. Chaques groupes occupe un coin d'la cour. Ca s'fusille du regard et s'tire la langue pour des raisons qu'on ignore tous. Gare à celui ou à celle qui trahit son clan. Viens le temps du premier amour, l'authentique. Du moins, c'est c'qu'on s'dit. J'rougi à sa vu et j'ai recours à des intermédiaires. Lui, il fait attention d'pas s'faire cramer en m'envoyant des p'tits mots en classe. Pour la Saint Valentin, j'ai l'droit à la bague de sa mère. Fini les toboggans à la récré, place au troc. On s'échange nos plus beaux callos, nos cartes Pokémon ou nos Pogs. On s'fait tourner nos couilles de mammouths achetées à Banane. Qu'on m'amène celui qu'a donné à cette confiserie un blaze pareil. Tous les ans, j'attends avec impatience le spectacle de fin d'année. Toute une préparation. Les filles inventent des chorégraphies sur la bande son d'Leslie tandis que les garçons s'inspirent du dernier clip de Crawford, Crawford Billy. J'me kiff, j'suis la princesse de la ville. A la maison, chaque matin, l'odeur et la bise de la daronne me réveillent. A 4h30 Scotchée devant les Minikeums, Pingu et autres dessins animés incontournables, j'déguste le gouté préparés avec amour par Malika, toujours. Les week end, le daron m'embarque avec lui . Rollers aux pieds, j'passe des après-midi dehors avec les copain. Le temps passe vite à Bouray...quand on est mômes. La galère, j'connais pas. Premier Walkam, première Air Max, premier "vrai" bisou sur la bouche, première amitié, . A moi le collège ! dépaysée totalment,j'me retoruve dans les vosges à la campagne ou les réfléxions sont t'elle "t'as jamais vu de bouse de vache toi ? " . Râleuse. Bavardages, insolences mais jamais dans l'excès. J'tiens pas en place. Rencontre avec des gens formidable qui continueront à m'accompagné jusqu'à aujourd'hui. La 6A 5A 4B 3A, les sorties découvertes, la carte de cantine que j'avais jamais donc j'mangeais en dernière, les bruits chelou en cours, le prof de maths qui craque, les paragraphes argumentés, les billets roses pour les absences/bleus pour les retards, les cours de prévention, les compétences, les batailles d'eau interdites, les heures de perm. En dehors du collège, j'découvre de nouveaux horizons. LIFFOl et ses arrêts de bus.Pendant les vacances c'est retour à paris jusqu'en 3° J'traîne avec les mêmes depuis l'époque des cordes à sauter et on croit qu'rien n'pourra entraver notre amitié.Jusqu'a l'été de 4°.Entre temps, j'pense être amoureuse. Ouais ouais. C'est les Vacances de l'Amour et le Titanic qui m'montent à la tête. J'passe 4 années à m'amuser, à m'embrouiller pour des bouffoneries, à squatter les tables du super U , à m'chercher. La 3° fini, j'passe au level supérieur. Pour moi, ça s'ra un CAP d'Esthétique à Nancy malgrés le désaccord du papa. Prendre le train tout les jours la première année, entourée que de filles, soins visage,maquillage, deuxième année apart avec la grande soeur, bus 123,quai n°1....Le CAP en poche, j'continue avec un Bac pro dans une ville encore différente. Sa mère. D'jà 17 piges et quand on fait le bilan de tout sa, tout à changé, et ce ne sont plus du tout les même personnes qui m'accompagnent...
A la génération 90/91.


